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 Les Portes du Paradis de la mosquée DIVRIGI

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MessageSujet: Les Portes du Paradis de la mosquée DIVRIGI   Sam 24 Avr - 16:21



Les Portes du Paradis de la mosquée DIVRIGI


LES ARBRES DE ViE DU PORTAIL DU PARADIS


Il est de coutume chez les musulmans de considérer les portes des mosquées comme les portes du paradis. Dans de nombreux versets du Coran, le mot 'clienh', qui est défini dans différents contextes comme la racine du mot paradis, est souvent utilisé dans le sens de jardin, verger et vigne ombragé par d'épais branchages et feuilles. Le Coran (LV1, 29, 30, 48) et les hadiths, histoires attribuées au Prophète, mentionnent des arbres qui n'ont pas d'équivalents sur terre. Tout en ayant ses racines dans la Bible, le paradis de l'Islam est un Firdevs rempli de beautés et de plaisirs.

Le portail sud de la grande mosquée de Divrigi contient deux symboliques d'origines différentes. La première trouve sa racine dans l'image du paradis qui se trouve dans le Coran. La deuxième consiste en deux arbres de vie décrivant aussi le paradis et entourant le portail comme une guirlande. Ces arbres de vie constitués de trois motifs de palmettes et d'un motif du soleil, ainsi que de trois représentations répétées de neuf palmettes et de trois disques solaires, symbolisent les arbres s'élevant vers le ciel de la mythologie turque. Il s'agit là d'une image proche de l'iconographie relative à la montée des chamanes nomades vers le ciel, ainsi que de l'aspect numérologique de la conception artistique.

Cependant la passion de Hurremshah tient dans la création de l'image d'un paradis aux plantes fantastiques qui n'existent pas sur terre. Le portail du nord était celui d'un tel incomparable jardin. Dans le lexique formel de l'Iran et de l'Asie centrale de l'époque de Hurremshah, les symboles du monde végétal n'étaient pas représentés par des arbres mais plutôt par des feuilles et des fleurs, plus spécifiquement par les motifs de la palmette et du lotus. Mais ces grandes feuilles qui pourraient se trouver au paradis ne restent pas prisonnières du dessin architectural. Elles ne remplissent pas les cadres dessinés par l'architecte comme elles le feraient dans le dessin à deux dimensions caractéristiques des tapis de l'époque. Les deux arbres de vie sont brodés des motifs abstrait et à trois dimension de la grande palmette, motifs créés par une imagination extraordinaire, constituant en eux-mêmes leur propre jardin. Ils sont réunis horizontalement par une rangée de fleurs parmi lesquelles le lotus domine, le tout formant une guirlande qui entoure le portail. Dans l'ensemble conceptuel des arbres de vie, les disques solaires forment des lignes droites où se rejoignent les courbes des cercles formés par les motifs de feuilles.

Ainsi la ligne formée par ces cercles est mise en évidence par un puissant élément géométrique.

Nul part ailleurs dans l'art islamique ne trouve-t-on un décor floral qui brise son cadre architectural dans une telle symphonie d'entrelacements de feuilles et d'autres motifs végétaux. Dans les exemples plus tardifs de l'architecture Seldjouqide d'Anatolie que sont les portails des médersas de Sivas et Erzeroum, construites sous l'ère de la domination des Mongols Ilkhanides, le décor n'élimine pas les limites imposées par le cadre structurel architectural, lui restant accroché comme une espèce de rosette sur un costume.

Le travail de la pierre de Hurremshah à Divrigi repose sur deux techniques, celle du bas-relief et celle de la gravure, et bien que l'objectif soit décoratif, il comporte un fort caractère sculptural. On peut donc penser qu'on est en droit de parler de cette oeuvre de Hurremshah en termes de sculpture, voir de 'statuaire'. En effet, en outrepassant les carcans imposés pas la structure architecturale et en balayant les clichés auxquels étaient habitués les maîtres graveurs, la vision sculpturale de l'artiste constitue une toute nouvelle approche dépassant les limites d'une discipline décorative dépendante de l'architecture.

On trouve le principal exemple de cette indépendance statuesque dans les palmettes de grande taille qui débordent de la niche du portail nord, débordant par dessus les
profiles architecturaux des bords de la dite niche. Sculpter une telle feuille requière que le bloc de pierre contenant la feuille soit inséré en tant que bloc indépendant dans
le mur lors même de la construction de ce dernier. Pourtant, ce bloc-feuille qui se proturbe du mur ne fait pas partie de plan architectural, ce qui prouve bien que
l'expression sculpturale de la porte du paradis a été conçue indépendamment de la conception architecturale.

Nous trouvons une détermination sculpturale ou statuesque encore plus forte à l'intérieur de la mosquée, dans les motifs de palmette indépendants qui proturbent des grand boutoirs cylindriques intégrés dans le mur du mihrab. De nature fantastique et ne faisant référence à aucun élément naturel, les motifs abstraits qui figurent dans l'encadrement de la façade extérieure du mihrab n'ont aucun équivalent dans l'architecture musulmane. Ils sont aussi impressionnants que des cariatides et attestent d'une vision artistique originale. Quant aux guirlandes constituées par les arbres de vie sculptés dans l'encadrure de la porte, organisés des deux cotés de la niche d'entrée selon un ordre mythologique symbolique, ils sont composés d'éléments qui ne se ressemblent en rien si ce n'est dans le style et le concept formel. Une telle vision de l'arbre de vie a un caractère équivalant à celle que l'on trouve dans les traditions de sculptures à trois dimensions des autres cultures du monde, et ce malgré le caractère plutôt décoratif de l'art islamique et son opposition traditionnelle à toute sorte de représentation figurative. On doit considérer cette sculpture sur pierre comme un des signes les plus importants d'une forme de pluralité des sources culturelles résultant de la symbiose des modes de vie sédentaires et nomades.







Lien sur les dragons et arbres de vie sur les portes :
http://pagesperso-orange.fr/kurdistannameh/culture/dragon.htm
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MessageSujet: Le PORTAIL de l'HÔPITAL de la mosquée de DIVRIGI   Sam 24 Avr - 16:30



Le PORTAIL de l'HÔPITAL de la mosquée de DIVRIGI


On peut considérer la conception architecturale du portail de l'hôpital comme plus audacieuse que celle du portail nord. Deux arches de taille identique dotées de riches nervures s'appuient l'une sur l'autre, formant, telles des vagues qui se suivent, l'encadrement extérieure de l'entrée, dans une entreprise d'une audace à couper le souffle. Bien qu'il s'agisse d'un concept formel différent, une coupe horizontale de ces riches arches à nervures peut faire penser, sur le papier et de manière abstraite, à un portail de style gothique. Certains se sont basés sur cela pour penser que l'on pouvait avoir à faire à un artiste des croisades du Moyen-âge en ce qui concerne la conception de cet ouvrage. Cependant la hauteur égale des arches de pierre, ainsi que d'autres détails du portail ne permettent pas de vérifier cette hypothèse.


Les travaux de décoration du portail de l'hôpital n'ont pas atteint le stade de finition du portail de la mosquée. Cependant, il y a sur le fronton du portail, notamment à l'intérieur de la niche du portail, des éléments de styles divers que l'artiste a pu achever. Deux d'entre eux sont constitués d'une part de têtes humaines situées de chaque côté du portail et d'autre part également de têtes humaines de petite taille se faisant face, légèrement dessinées entre les nervures du portail. Ces éléments ont été abîmés par des vandales réactionnaires au XIXème siècle, conformément à l'interdit islamique de représenter des figures humaines en quelque endroit d'un bâtiment architectural que se soit. Des observateurs occidentaux ont pu établir avant qu'elles ne soient saccagées qu'il s'agissait de figure de personnages turcomans aux longs cheveux. Les figures situées entre les nervures du pilier droit du portail ont pu cependant être partiellement protégées, bien qu'elles aient encore subi des dégâts ces dernières années.


La conception artistique de base du portail de l'hôpital est loin d'avoir l'unité de celle de celui de la mosquée. Il est très probable que ce soient plusieurs autres artistes qui aient travaillé sur ce monument après le départ ou la mort probable de celui que nous pouvons considérer comme son concepteur original, l'artiste et maître artisan Hurremshah, sans que ces artistes aient pu pour autant en compléter le travail de décoration. Un des éléments les plus intéressants de cette oeuvre est la colonne à la riche plastique qui divise en deux la fenêtre située à l'intérieur de la niche du portail et qui s'ouvre sur l'étage intermédiaire du bâtiment, créant ainsi un effet inhabituel. Le concept architectural d'une fenêtre divisée verticalement par une colonne se retrouve dans les représentations de Pencikent, dans l'Asie centrale de l'ère islamique. Il a été repris ici pour être interprété par un artiste baignant dans le contexte profondément expérimental que constitue le bâtiment dans son ensemble.

(Source : Faculté Architecture de l'Université Technique d'Istanbul)
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