Cercle de Samsara
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 Le Bön, religion Chamaniste du Thibet

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MessageSujet: Le Bön, religion Chamaniste du Thibet   Dim 8 Avr - 12:05



Le Bön également appelé Bonpo (lignée Bön) est une religion tibétaine.

De l’ensemble des pratiques animistes et chamanistes constituant le premier Bön (shes-pa bcu-gnyis) s’est dégagé au XIe siècle une religion structurée, le Bön Yungdrung (Yung-drung bon), présentant des similitudes avec le bouddhisme tibétain (particulièrement Nyingmapa), qui a lui-même beaucoup emprunté au fond chamaniste local. Les pratiquants du Yungdrung soutiennent pour leur part que son apparition précède celle du lamaïsme. Au XIVe siècle, la branche dite Nouveau Bön (bon-gsar) s’est rapprochée encore plus étroitement du bouddhisme afin d’échapper à la discrimination.

Dominé pendant plusieurs siècles par le lamaisme et parfois même persécuté, le Bön est un peu mieux connu internationalement depuis l’implantation hors du Tibet de communautés monastiques ayant fui l’invasion chinoise. Ses textes et traditions font l’objet de nombreuses recherches. Il a été reconnu comme cinquième école religieuse tibétaine par le Dalaï lama.

L’origine et la nature exactes des traditions du premier Bön, au nombre de douze selon l’opinion commune, n’ont pas encore été établies. On pense néanmoins en retrouver des traces dans les écrits Bonpo et certaines pratiques et croyances : oracles lhapa ou sungma (srung-ma) résidant dans les temples, rituels la-guk (bla 'gug) de rappel de l’âme, états altérés de conscience et guidage durant le bardo, période qui s’étend de la mort à la renaissance. Les chercheurs se penchent également sur le chamanisme contemporain chez les Tibétains et les peuples voisins.

En ce qui concerne le Yungdrung, forme proche du bouddhisme tantrique apparue au XIe siècle, une légende détaillée relate sa transmission à partir du maître (tongpa) originel, Tongpa Shenrab Miwoche (sTon-pa gShen-rab mi-bo-che), qui aurait reçu l’enseignement parfait du dzogchen directement du bouddha primordial Kuntu Zangpo. Ses pratiquants prétendent qu’il fut transmis plusieurs milliers d’années avant son concurrent, et se développa tout d’abord au royaume de Zhang Zhung dans l’Ouest de l’actuel Tibet. Cette datation n’est bien entendu pas retenue par les historiens, mais le Tazig où Tonpa Shenrab, prince éveillé comme le Bouddha, serait né, est parfois identifié à la Perse. Certains proposent donc que le bouddhisme serait tout d’abord parvenu au Tibet occidental indépendamment de Padmasambhava et des influences indienne et chinoise à partir du VIIe siècle.

Dans les temps anciens vivaient trois frères, Dagpa, Selwa et Shepa, qui étudiaient les doctrines Bön dans un paradis nommé Sipa Yesang, sous l’égide du sage Bumtri Logi Chechen. Ils lui demandèrent comment aider le monde vivant, submergé par la misère, le chagrin et la souffrance ; il leur conseilla de devenir guides de l’humanité durant trois ères successives. Ainsi, le plus vieux des frères, Dagpa, acheva sa tâche dans le monde du passé ; le second, Selwa, prit pour nom Shenrab et devint maître et guide du monde présent ; le plus jeune, Shepa, viendra dans le prochain âge.

Tonpa Shenrab descendit il y a 18 000 ans du ciel Sidpa Yesang (srid-pa ye-sangs) sous la forme d’un oiseau au plumage multicolore et s’incarna dans un prince né dans le palais Barpo Sogye au sud du mont Yungdrung. Marié jeune et père de famille, Tonpa Shenrab renonça au monde à 31 ans pour vivre dans l’austérité et enseigner la doctrine. Durant la majeure partie de sa vie, ses efforts pour propager le Bön furent entravés par le démon Khyabpa Lagring, qu’il finit par convertir. C'est en le poursuivant pour récupérer ses chevaux volés que Tonpa Shenrab arriva au Tibet où ce fut sa seule visite. Il y laissa des instructions rituelles, mais jugea que le pays n’était pas encore prêt à recevoir tous les enseignements. Avant de partir, il prophétisa qu'ils apparaîtraient lorsque le Tibet serait mûr. Il mourut à 82 ans.

Le Bonpo soutient qu’il a pour origine la région mythique de l’Olmo Lungring, partie du Tazig (rtag gigs) ; située à l’ouest du Tibet, elle couvre un tiers du monde existant. “ol” symbolise ce qui n’est pas encore né, “mo” ce qui ne peut être diminué, “lung” le pays prophétique de Tonpa Shenrab, et “ring” la dernière compassion. Sa représentation est un lotus à huit pétales dans un ciel symbolisé par une roue à huit rayons. Au centre se dresse le mont Yungdrung Gutseg (pyramide des neuf svastikas). Yungdrung (éternel) désigne le svastika, symbole de la permanence et de l’indestructibilité. Les neuf svastikas empilés représentent les neuf voies du Bön.

A la base du mont Yungdrung jaillissent quatre rivières coulant dans les quatre directions. La montagne est entourée de temples, villes et parcs. Au sud se trouve le palais Barpo Sogye, où Tonpa Shenrab est né. A l’ouest et au nord se trouvent les palais où vivent ses femmes et ses enfants, à l’est un temple nommé Shampo Lhatse, dédié à la prière. L’ensemble des palais, rivières et parcs autour du mont constitue la région intérieure (Nangling). La région intermédiaire (Barling) est constituée de 12 cités dont 4 sont situées aux points cardinaux. La troisième région constitue le pays extérieur (Taling). Ces trois régions sont encerclées par un océan, puis par des montagnes enneigées. Avant sa visite au Tibet, Tonpa Shenrab tira une flèche et créa ainsi un passage à travers les montagnes ; l’accès à l’Olmo Lungring se fait donc par le chemin dit de la flèche (Delam).

L’Olmo Lungring a été identifié à différentes régions selon les écoles. Certains y voient le mont Kailash (Ti Se) avec les 4 grandes rivières qui naissent de sa base et les quatre régions qui l'entourent : la Chine à l’est, l’Inde au sud, l’Orgyan à l’ouest et le Khotan au nord. D’autres pensent que sa géographie évoque celle du Moyen-Orient et de la Perse à l’époque de Cyrus le Grand. Pour un croyant bonpo, la question de l’identification géographique passe après sa signification symbolique, qui est clairement prévalente, comme pour le mont Meru.

On attribue trois écrits à Tonpa Shenrab. Le premier et le plus court est le Dodus (Modèle de l’Aphorisme), le second le Zerming (Les Yeux Percés) ; ils datent respectivement des Xe et XIe siècles. Le troisième et plus important est le Zhiji (Le Glorieux), révélé par transmission spirituelle à Loden Nyingpo au XIVe siècle. Les doctrines de ces trois textes forment deux systèmes. Le premier, appelée Gozhi Dzonga, comprend cinq parties, les Quatre portes et le Trésor :
• Chabkar “les Eaux Blanches” : contient les pratiques ésotériques ou plus hautement tantriques.
• Chabnag “les Eaux Noires” : récits et rites variés, magie et rituels ordinaires (mort, funérailles, maladie et offrandes) ; cette portion conserve beaucoup de traces du chamanisme ancien.
• Pangul “le Pays de Pan” : explique les règles monastiques et présente les concepts philosophiques.
• Ponse “le Guide de la Seigneurie” : contient les pratiques de la Grande Perfection (Dzogchen), summum de l’enseignement dans le Nyingmapa également.
• Totog “le Trésor” : compare les aspects essentiels des Quatre portes.

Le second ensemble est appelé Tegpa Rimgui Bon, (Bön des neuf étapes successives) ou simplement les Neuf voies du Bön, groupées en quatre causes (Gyuyi Tegpa) et quatre résultats (Drabui Tegpa) suivis de la grande perfection (Dzogchen). Cette division rappelle les Neuf véhicules du Nyingmapa. Les quatre premières voies présentent le plus de différence avec le bouddhisme ; de nombreuses pratiques anciennes y sont préservées :
1. La voie du Shen de la Prédiction (Chasen Tegpa) décrit 4 différentes voies: prédiction-sortilège (mo), astrologie (tsi), rituels (to) et l’examen des causes (che).
2. La voie du Shen du monde visuel (Nang Shen Tegpa) explique l’origine et la nature des dieux et des démons vivant dans ce monde, les méthodes d’exorcisme et les différentes sortes d’offrandes.
3. La voie du Shen de l’Illusion (Trulshen Tegpa) contient les rites pour se débarrasser des pouvoirs adverses.
4. La voie du Shen de l’Existence (Sishen Tegpa) décrit l’état après la mort (bardo) et la méthode pour guider les vivants vers la libération finale ou une meilleure réincarnation.

Les cinq suivantes sont très similaires à celles du Nyingmapa :
1. La voie des Partisans Vertueux (Genyen Tegpa) guide ceux qui suivent les dix vertus et les dix perfections.
2. La voie Monacale (Drangsgon Tegpa) décrit les lois de la discipline monastique.
3. La voie du Son Pur (Akar Tegpa) expose les hautes pratiques tantriques, la théorie de la réalisation au travers des cercles mystiques (mandalas) et les rituels de ces pratiques.
4. La voie du Shen Vierge (Yeshen Tegpa) insiste sur la nécessité d’un bon maître, lieu et occasion pour les pratiques tantriques, et décrit en détail la position des cercles mystiques avec des instructions pour la méditation sur des déités particulières.
5. La voie Suprême (Lama Legpa) : le plus haut accomplissement de la grande Perfection (Dzogchen).

Le Bön a une forte tradition monastique ; il existe néanmoins, comme chez les Nyingmapa, un clergé marié vivant au sein de la population. Appelés ngakpas, ils reçoivent un enseignement religieux assez similaire à celui des moines et se consacrent plus particulièrement aux services rituels (naissances, mariages, décès, exorcismes, guérisons etc.), s’appuyant pour les guérisons et exorcismes sur le pouvoir des tantras et les techniques de méditation, et non la transe proprement dite comme les chamans (pawo ou lhapa). Les moines étudient également l’astrologie et la médecine traditionnelle.

Comme dans les autres courants de la religion tibétaine, les méditations bön s’aident de yidams, divinités guides, et de leurs thangkas ou mandalas, ainsi que des saddhanas (sgrub thabs), textes en vers ou prose en décrivant les étapes. Parmi les écoles de méditation, deux sont plus spécifiques au Bonpo :
Dzogchen (voie de la perfection), employée aussi dans le Nyingmapa ; il en existe quatre versions, la plus ancienne et importante étant la Tradition orale de Zang Zhung (Zhang zhung sNyan-rgyud) couchée par écrit au VIIIe siècle par Gyerphung Nangzher Lodpo, disciple de Tapihritsa.

Chod (coupure) vise à trancher les liens avec l’égo. La pratique consitait autrefois à se placer dans un environnement terrorisant pour effectuer la coupure sous l’effet de la peur. C’est aussi le nom d’une offrande symbolique du corps en nourriture aux êtres illuminés réalisée dans le même but. Dans la religion populaire, le chod est une pratique par laquelle le chaman absorbe les influences néfastes dans son corps de transe qu’il laisse ensuite dévorer par les démons.
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jelt

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MessageSujet: Re: Le Bön, religion Chamaniste du Thibet   Mar 8 Déc - 2:20

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