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 Le Silence de la vision - Formation de l'adulte Amérindien

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silence
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MessageSujet: Le Silence de la vision - Formation de l'adulte Amérindien   Dim 23 Déc - 12:37

Formation de l'adulte



Le silence de la vision



La quête de vision est "ce rituel ascétique et méditatif, qui permettait autrefois aux adolescents de trouver leur place dans leur tribu et dans l'univers amérindien, (il) est devenu aujourd'hui un véritable rituel pan-indien, pratiqué par un nombre croissant d'adultes. Le vision quest est devenu le chemin presque «universel» par lequel les Amérindiens entrent en relation avec le Grand Mystère au moyen d'une vision durable qui donne un sens à leur vie. Basil Johnson écrit à ce propos : «Aucun homme ne commence à être, tant qu'il n'a pas reçu sa vision». (.i.PEELMAN;, 1991, p. 143).

Pour situer la place de la vision dans le processus de formation, nous emprunterons un cour extrait de l'excellent article d'Eric Navet pour l'Encyclopédie Philosophique Universelle des PUF. "Cette philosophie, ou ce mode d'être ou de penser amérindien, est une religion selon la signification première du consept issu du latin religio, de re, et ligare, lier. Il s'agit bien, pour l'homme, de se «re-lier» aux autres créatures . Car toutes les religions amérindiennes reconnaissent un agent et un processus de Création, mais contrairement aux conception occidentales (...) ce phénomène ne renvoit pas à un passé révolu, il est permanent. L'homme à le choix de son destin, mais là où les philosophies occidentales voient souvent le signe de la liberté propre à notre espèce, les Amérindiens parlent plutôt d'une contrainte, d'une aliénation : cette «liberté» nous amène à rompre avec le monde, donc -puisque nous sommes partis intégrante de cette création- à nous désunir. Si ces cultures accordent la plus grande importance au rêve, à la vision, (...) c'est que l'homme est en rupture de ban avec cela même qui donne un sens à son existence, la Vision primordiale et l'émergence du monde" (.i.Encyclopédie Philosophique Universelle;, 1992, p.4195).

Alors que les blancs disent avoir des idées, les indiens reçoivent des rêves et des visions. Pour eux "l'invention de quiconque n'est pas le fruit d'un génie créateur humain , mais le don d'un Esprit qui a révélé à "l'inventeur" comment l'appareil devait être construit. L'inventeur humain ne mérite pas de louange, et les actions ou les merveilles d'en haut sont conçues comme la norme de la vie vécue dans la foi. (...) Les Indiens des plaines attachaient une importance cruciale aux visions parce qu'ils pensaient qu'elles sont données par Dieu." (.i.MAILS;, 1972, p.129). La plupart des adultes entreprennent donc souvent des quêtes de vision pour obtenir des révélation divines sur la conduite de leur vie et le bien-être du peuple.

Le témoignage de White Bird nous permet de percevoir le lien entre la quête de vision et la quête spirituelle de soi. On entrevoit ici le lien ontologique et metaphysique qui existe entre la formation comme mise en forme de soi par l'esprit, la vocation comme nom secret et comme appel à être (quête de soi) et les formes, images symboliques qui nous parlent.

"La quête de vision est une recherche spirituelle qui se pratique chez les Indiens depuis toujours, depuis la nuit des temps. En tant que révélateur de notre dimension humaine, elle constitue en soi une part importante de notre tradition, un cap à franchir.

Quand après s'être purifié dans une Sweat -Lodge, on se retrouve seul là-haut, c'est pour se donner aussi bien physiquement -en renonçant à boire, à manger, à fumer- que spirituellement en priant et en appelant les esprits, émotionnellement et mentalement en rompant tout contact avec le monde et en oubliant son corps et ses besoins. Au fil des heures, des journées et des nuits passées dans la solitude, on est véritablement transporté ailleurs. C'est un phénomène qu'il faut accepter si l'on veut parvenir à la conscience spirituelle, à la révélation de son esprit, ce quelque chose qui crée en nous une cohésion, qui nous maintient ensemble ; parce que ce n'est pas seulement notre coeur qui bat qui fait de nous ce que nous sommes, ni notre mental qui pense, ni nos émotions qui fluctuent, même si portant tous travaillent ensemble. Ce qui les relie c'est l'esprit. Et quand il nous quitte, alors le coeur s'arrête, et avec lui les pensées et les sentiments." (...)

Nous prions pour que le pouvoir vienne en nous, et c'est comme s'il se manifestait à l'image de notre volonté et de notre sincérité, se révélant dans les limites de ce que nous pouvons comprendre. Nous recevons ce que nous demandons, un signe qui n'est pas une réponse mais une incitation à aller plus loin, une clé vers d'autres clés. (...) Nous sommes à l'écart de tout et pourtant nous voyons loin, nous savons qui nous sommes, quel est l'objet de notre vie (...) Cette existence qui est là nôtre et elle prend sens quand nous ouvrons les yeux sur ce qui nous entoure et apprenons à en lire les signes. (...)

La seule chose qui compte vraiment, je le répète, c'est d'être prêt à accueillir les esprits et à comprendre ce qui est exprimé à travers les signes qui se manifestent.

Il n'y a pas de «grande vision» ou de «petite vision», il y a un message pour nous et nous seul, correspondant à une étape spirituelle. Libre à nous de la franchir pour être en mesure d'aller plus loin et de nous rapprocher toujours un peu plus de ce que nous sommes appelés à faire." (.i.WHITE BIRD;, 1994, pp. 210-212, c'est nous qui soulignons).

La quête de vision est une des rituels les plus communs aux indiens d'Amérique du nord. On retrouve ainsi une dmarche similaire au Sioux lakota chez les Wendats (nord est du Québec). "Pour les Wendats, l'existence de chaque individu était l'effe de la volonté d'êtres spirituels (...). Chaque individu était unique et portait un mystère que lui seul ou elle seule pouvait et devait comprendre. Les peuples algiques avait une institution, la «Quête de la Vision», par laquelle les jeunes hommes (ou les plus vieux qui n'avait pas encore eu cette révélation du secret de leur vie) étaient placés sur la voie de ela découverte du sens profond de leur vie personnelle.(...) la vénération religieuse du rêve et de la vision paraît donc comme une clef pour la compréhension de la plupart des aspect mystérieux dela vision du monde des Wendats. Une personne est avant tout l'incarnation d'un monde d'esprits dont le pouvoir, vital pour les humains, n'est accessible à ceux-ci que par le respect le plus intégral de leurs désirs et volontés. Celles-ci se manifestent essentiellement par les rêves et les visions, obtenus entre autres par le jeûne, la méditation et la prière." (.i.SIOUI;, 1994, p.295-298). On peut dire que le fondement de l'autoformation et de son respect intégral par les autres (hétéroformation) se fonde dans une relation auto/théo. Chaque personne est porteuse d'une expression du créateur, elle est et elle vie un processus de révélation d'elle-même.

Elan Noir, l'un des plus important saints hommes et prophètes du monde indien au vingtième siècle, a dicté l'essentiel de la tradition spirituelle des Lakota dans un livre qui est devenu une référence canonique pour l'ensemble des nations Indiennes d'Amérique du Nord . Dans sa description de l'imploration d'une vision on entrevoit la place fondamentale que tient le silence dans les modes de formation spirituelle des Indiens. "L'imploration d'une vision (...) est en quelque sorte le centre de notre religion" (p.72). L'implorant prie sans répit "soit à haute voie, soit silencieusement en lui-même, car le Grand-Esprit est partout et par conséquent Il entend tout ce qui est dans nos pensées et dans nos coeurs ; Il n'est pas nécessaire de Lui parler à haute voix. L'implorant n'est pas obligé d'utiliser toujours la prière que j'ai indiquée ; il peut rester silencieux avec toute son attention concentrée sur le Grand-Esprit ou sur un de ses Pouvoirs. Il doit éviter soigneusement les pensées distrayantes, mais d'autre part il doit rester en éveil pour reconnaître tout messager que le Grand-Esprit pourrait lui envoyer." (.i.ELAN NOIR;, p.86). Le silence et l'attention sont les conditions de la contemplation. "Le pouvoir d'une chose ou d'un acte est dans sa signification, et dans la compréhension que nous en avons" (.i.ELAN NOIR;, 1992, p. 66).

Mais cette contemplation n'est pas opposée à l'action. Au contraire, dans la spiritualité indienne, la contemplation est au coeur de l'action. "Pour eux, il n'y a jamais eu de vie purement séculière. Chasser est une aventure spirituelle. Même les activités artisanales ou artistiques sont une prière en acte (are prayed into being) , et ce mode de vie a conduit a un profond respect et une révérence envers la nature." (.i.FOOLS CROW & MAILS;, 1991, p.17).

Une étude plus approfondie des rites les plus communs à l'ensemble des nations indiennes que sont : le rite de la pipe, la quête de vision, le bain de sueur ou la danse du soleil, nous montrerait qu'ils visent toujours la réception d'une révélation, d'une in-formation.

A travers la notion de cercle, le processus implique toujours une conception tripolaire de la formation par soi (auto-formation), les autres (co-formation), le monde (éco-formation) (.i.PINEAU;, 1986).

Le cercle de la personne, c'est l'intégrité, l'autonomie et le mystère dont est porteur chaque être humain. C'est pour chacun, la nécessité d'être toujours attentif aux révélations intérieures du Grand-Mystérieux que transmettent les esprits alliés, proches de la notion d'anges gardiens.

Même si la quête de la vision est le rituel le plus centré sur l'autoformation, il faut comprendre que tous les rites comportent cette dimension. Mais la quête de vision est aussi une co-formation par les prières d'accompagnement de la communauté (.i.POWERS;, 1993) ; et une éco-formation par les messages que transmettent les éléments et les êtres du monde naturel.

Les cercles sont inclus les uns dans les autres. Le cercle de la collectivité est fondé sur le cercle de vie de chacun, ou, autrement dit sur la mise en harmonie de chaque personnalité, et le cercle du peuple n'existe que dans la mesure de son harmonie avec le grand cercle du monde.
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