Cercle de Samsara
Il n'y a qu'un Dieu, mais Ses noms sont innombrables, et innombrables aussi les aspects sous lesquels Il peut être considéré.
Nommez - Le de n'importe quel nom et adorez - Le sous l'aspect qui vous plaira le mieux, vous êtes certain d'arriver à Lui.



 
PortailAccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 LES 7 FEMMES DE BARBE BLEUE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
silence
Admin
avatar

Nombre de messages : 2201
Bonus : 4139
Date d'inscription : 18/03/2007

MessageSujet: LES 7 FEMMES DE BARBE BLEUE   Jeu 2 Aoû - 14:30



LES 7 FEMMES DE BARBE BLEUE


On a émis sur le personnage fameux, vulgairement nommé “la Barbe Bleue”, les opinions les plus diverses, les plus étranges et les plus fausses. Une hypothèse consiste à identifier cette Barbe Bleue avec le maréchal Gilles de RAIS, né vers 1400 et qui fut étranglé par justice au dessus des ponts de Nantes, le 26 octobre 1440.

Charles Perrault qui, vers 1660, eut le mérite de composer la première biographie de ce seigneur justement remarquable pour avoir épousé sept femmes, en fit un scélérat accompli et le plus parfait modèle de cruauté qu’il y eût au monde. Mais il est permis de douter, sinon de sa bonne foi, du moins de la sûreté de ses informations. Ce ne serait pas le premier exemple d'un historien ou d'un poète qui se plaît à assombrir ses peintures.

Vers 1650 résidait sur ses terres, entre Compiègne et Pierrefonds, un riche gentilhomme, nommé Bernard de MONTRAGOUX, il vivait éloigné de la Cour, dans son château des Guillettes, bâti aux temps gothiques, il se montrait du dehors assez farouche et morose, avec les tronçons de ses grosses tours abattues lors des troubles du royaume, au temps du feu roi Louis. Au dedans il offrait un aspect plus agréable. Les chambres étaient décorées à l’italienne, et la grande galerie du rez-de-chaussée, toute chargée d’ornements en bosse, de peintures et de dorures.

À l’une des extrémités de cette galerie se trouvait un cabinet que l’on appelait ordinairement “le petit cabinet”, on le nommait aussi le “cabinet des princesses infortunées”, parce qu’un peintre de Florence avait représenté sur les murs les tragiques histoires de Dircé, fille du Soleil, attachée par les fils d'Antiope aux cornes d’un taureau, de Niobé pleurant sur le mont Sipyle ses enfants percés de flèches divines, de Procris appelant sur son sein le javelot de Céphalé. Ces figures, paraissaient vivantes, et les dalles de porphyre dont la chambre était pavée semblaient teintes du sang de ces malheureuses femmes. Une des portes de ce cabinet donnait sur la douve, qui n’avait point d’eau.

Beaucoup d’habitants de la contrée ne connaissaient M. de MONTRAGOUX que sous le nom de la Barbe-Bleue, car en effet, sa barbe était bleue, mais elle n’était bleue que parce qu’elle était noire, et c’était à force d’être noire qu’elle était bleue. Il était un très bel homme, grand, large d’épaules, de forte corpulence et de bonne mine, quoique rustique et sentant plus les forêts que les ruelles et les salons. Sa timidité en était la cause, sa timidité et non pas sa barbe fait qu'il ne plaisait pas aux dames autant qu'il aurait dû leur plaire, fait de la sorte et riche. Les dames exerçaient sur lui un invincible attrait et lui faisaient une peur insurmontable. Voilà l’origine et la cause initiale de toutes ses disgrâces et ce fut le malheur de sa vie.

Lien vers LA BOUTIQUE ESOTERIQUE SAMSARA.Com


1 - Colette PASSAGE : Nouvellement établie dans le pays, après avoir gagné quelque argent à faire danser un ours dans les villes et les villages du royaume. Bernard de MONTRAGOUX l’épousa et l’aima de toutes ses forces. Mais, au bout de quelques mois, elle s’ennuya de ne plus courir le monde. Au milieu des richesses, comblée de soins et d’amour, elle ne goûtait pas d’autre plaisir que d’aller trouver le compagnon de sa vie foraine dans la cave où il languissait, une chaîne au cou et un anneau dans le nez, et de l’embrasser sur les yeux en pleurant. Un matin, à son réveil, Bernard ne retrouva plus Colette à son côté. Il la chercha vainement par tout le château. La porte du “cabinet des princesses infortunées” était ouverte. C’est par là qu’elle passa pour gagner les champs avec son ours. Malgré les courriers innombrables envoyés à sa recherche, on n’eut plus jamais de nouvelles.

2 - Jeanne de la CLOCHE : fille du lieutenant criminel de Compiègne, elle lui inspira l’amour lors d’une danse, à la fête des Guillettes, et l’épousa. Elle aimait le vin et en buvait avec excès. M. de MONTRAGOUX en tombait étourdi de dégoût et d’horreur. Prières, remontrances, supplications, menaces, il employa tous les moyens. Rien n’y fit. Il lui refusait le vin de sa cave, elle s’en procurait du dehors qui l’enivrait encore plus abominablement. Pour lui ôter le goût d’une boisson trop aimée, il lui mit de l’herbe aux chats dans ses bouteilles. Elle crut qu’il voulait l’empoisonner. Un jour qu'on avait oublié de fermer 1a porte du “cabinet des princesses infortunées”, elle y entra tout égarée, à son habitude, et voyant les figures peintes sur la muraille dans l’attitude de la douleur et près de rendre l'âme, elle les prit pour des femmes véritables et s’enfuit épouvantée dans la campagne, en criant au meurtre. Entendant la Barbe-Bleue, qui l’appelait et courait à sa poursuite, elle se jeta, folle de terreur, dans la pièce d’eau du parc et s’y noya.

3 - Gigonne TRAIGNEL : fille du fermier du château des Guilettes, elle n’allait qu’en sabots et sentait l’oignon. Assez belle fille à cela près qu’elle louchait d’un oeil et clochait d’un pied. Sitôt qu’elle fut épousée, cette gardeuse d’oies, mordue par une folle ambition, ne rêva plus que grandeurs nouvelles et nouvelles splendeurs. Elle ne trouvait point ses robes de brocart assez riches, ses colliers de perles assez beaux, ses rubis assez gros, ses carrosses assez dorés, ses étangs, ses bois, ses terres assez vastes. Gigonne ne pensait plus qu’à paraître dans le monde, à se faire recevoir à la Cour, et à devenir la maîtresse du roi. N’y pouvant parvenir, elle sécha de dépit, et en prit une jaunisse dont elle mourut.

4 - Blanche de GIBEAUMEX : fille d’un officier de cavalerie, elle choisit M. de MONTRAGOUX pour mari. Elle avait beaucoup d’esprit, dont elle se servit pour le tromper. Elle le trompa avec tous les gentilshommes des environs. Elle y mettait tant d’adresse qu’elle le trompait dans son château et jusque sous ses yeux sans qu’il s’en aperçût. Malheureusement pour elle, mettant toute son étude à tromper son mari, elle n’était pas assez attentive à tromper ses amants, je veux dire à leur cacher qu’elle les trompait les uns avec les autres. Un jour elle fut surprise, dans le “cabinet des princesses infortunées”, en compagnie d’un gentilhomme qu’elle aimait, par un gentilhomme qu’elle avait aimé et qui, dans un transport de jalousie, la perça de son épée. À la nouvelle qu’elle l’avait trompé Bernard contracta une maladie qui fit craindre pour ses jours. Les médecins, ayant employé divers médicaments sans effet, l’avertirent que le seul remède convenable à son mal était de prendre une jeune épouse.

5 - Angèle de la GARANDINE : petite cousine de M. de MONTRAGOUX, elle ne possédait pas de biens et passait pour simple et sans connaissance. Ce qui encouragea Bernard à la prendre pour femme, ayant été trompé par une femme d’esprit, une sotte le rassurait. Elle n’était pas d’elle-même portée au mal, il suffisait de lui dire : “Faites ceci de peur des oripeaux, entrez ici de crainte que le loup-garou ne vous mange”, ou bien encore : “Fermez les yeux et prenez ce petit remède”, et aussitôt l'innocente, faisait au gré des fripons qui voulaient d’elle ce qu’il était bien naturel d’en vouloir. Mais Angèle était bien trop candide pour ne rien cacher à son époux, et par son ingénuité, elle faisait souffrir à ce pauvre seigneur des tourments inimaginables. Cependant celui-ci arrivait de dire à cette simple créature : “Vous êtes une dinde ! ” et de lui donner des soufflets. Ces soufflets lui commencèrent une renommée de cruauté qui ne devait plus s’éteindre. Un moine mendiant, qui passait par les Guillettes, tandis que M. de MONTRAGOUX chassait la bécasse, trouva madame Angèle qui cousait un jupon de poupée. Ce bon religieux, s’avisant qu’elle était aussi simple que belle, l’emmena sur son âne en lui faisant croire que l’ange Gabriel l’attendait dans un fourré du bois pour lui mettre des jarretières de perles.

6 - Alix de PONTALCIN : jeune fille de qualité, dépouillée de tous ses biens par un tuteur avide, songeait à s’enfermer dans un couvent. Des amis officieux s’entremirent pour changer sa résolution et la décider à accepter la main de M. de MONTRAGOUX. Elle refusa obstinément de donner une réalité à l’union à laquelle elle avait pourtant consenti. En vain Bernard la pressait de devenir (physiquement) sa femme, elle résistait aux prières, aux larmes, aux objurgations, se refusait aux caresses les plus légères de son époux et courait s’en fermer dans le “cabinet des princesses infortunées”, où elle demeurait seule et farouche des nuits entières. Enfin, n’y pouvant tenir, il demanda à Rome l’annulation d’un mariage qui n’était qu’un leurre, et l’obtint selon le droit canon et moyennant un beau présent au Saint-Père. On ne sut jamais la cause d’une résistance si contraire aux lois divines et humaines.

7 - Jeanne de LESPPOISSE : Quelques années plus tard, une veuve sur le retour, la dame Sidonie de LESOISSE, vint s’établir avec ses enfants dans le manoir de la Motte-Giron, à deux lieues, à vol d’oiseau, du château des Guillettes. Elle avait deux filles, dont l’aînée, Anne, près de coiffer Sainte-Catherine, était une fine mouche. Jeanne, la plus jeune, bonne à marier, cachait sous les apparences de l’ingénuité une précoce expérience du monde. Pressée de trouver un gendre, elle avait tout de suite jeté ses vues sur M. de MONTRAGOUX qu'elle devinait simple, facile à tromper, très doux et prompt à l’amour sous une apparence rude et farouche. Ses filles entraient dans ses desseins et, à chaque rencontre, criblaient la pauvre Barbe-Bleue d’oeillades qui le perçaient jusqu’au fond du coeur. Il céda très vite aux charmes puissants des deux demoiselles de LESPOISSE. Après quelques jours d’observation le bon seigneur de Guillettes préféra décidément à l’aînée des soeurs Jeanne la cadette qui était plus fraîche, ce qui ne veut pas dire qu’elle était plus neuve. Elle trompa son mari avec le Chevalier de la MERLUS.

Mais l’histoire racontée par Anatole France (1844-1924), dont vous venez de lire un extrait ne s’arrête pas là...

Revenir en haut Aller en bas
Nonaa

avatar

Nombre de messages : 6
Age : 32
Bonus : 6
Date d'inscription : 02/02/2011

MessageSujet: Re: LES 7 FEMMES DE BARBE BLEUE   Mer 23 Oct - 14:02

Salut,J'aimerais vraiment découvrir votre site que je le voit contenant tant de chose assez interessantes.
voyance gratuite par mail
Revenir en haut Aller en bas
 

LES 7 FEMMES DE BARBE BLEUE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» La Barbe bleue
» [6ème] Barbe bleue
» Schémas naratifs et actantiel Trois plumes ou Barbe bleue
» Cadeau du Père Noël : Barbe bleue
» Barbe bleue
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Cercle de Samsara :: Numérologie :: La Numérologie Esotérique-
Sauter vers:  
Le Cercle de Samsara vous apporte des satisfactions,faites un don!
Le Cercle de Samsara vous apporte des satisfactions,faites un don!
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit | Sciences et Savoirs | Astrologie et arts divinatoires