Cercle de Samsara
Il n'y a qu'un Dieu, mais Ses noms sont innombrables, et innombrables aussi les aspects sous lesquels Il peut être considéré.
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 Jacqueline Lebeau et le Père Antoine

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MessageSujet: Jacqueline Lebeau et le Père Antoine   Mar 20 Sep - 6:56




Jacqueline Lebeau et le Père Antoine

Je vous propose le témoignage de Jacqueline Lebeau,
une célèbre voyante en France et à l'étranger,
lorsqu'elle découvre l'Antoinisme et ce qu'il advient ...

— Je logeais dans un petit hôtel, rue de Chanzy, dont mes parents connaissaient les propriétaires. Et j'allais travailler chez Mme Daubanet. Je brodais de fines lingeries, des nappes, des trousseaux pour les grands mariages. C'est chez cette dame que j'ai obtenu mon C. A. P. de brodeuse d'art. Ce métier me plaisait et tout laissait prévoir que, ma voie était tracée, j'exercerais cette profession pendant toute ma vie.
Mais c'était oublier qu'elle était encore et plus que jamais sujette à des impulsions dictées par quelque mystérieuse force supérieure...

— Un samedi, je faisais des courses sur le marché du Boulingrin. Je vis une femme d'un certain âge, Mme Melly, chargée de cabas assez lourds. Elle arrivait difficilement à les porter. Spontanément, je m'avançai vers elle, lui proposai de raccompagner chez elle et de porter ses paquets. Elle me remercia, mais refusa prétextant qu'elle habitait trop loin du centre. « Cela n'a aucune importance, lui dis-je, j'ai le temps. » Je pris ses cabas et nous voilà en route.

Arrivée chez elle — elle habitait un petit rez-de-chaussée —, brusquement, je la vois qui tombe à genoux et entre en transe.
Elle me dit : J'entends une voix qui me donne un message pour vous. Allez au 49, rue du Docteur-Thomas, à Reims. » J'étais prise de panique. Je me demandais si cette dame n'était pas devenue folle et je n'avais qu'une envie : m'enfuir. Si je n'en fis rien, c'est que le tremblement bizarre qui s'était emparé d'elle cessa aussi brusquement qu'il était venu. Elle se releva, se passe la main sur le front, se frotta les yeux, comme si elle ait l'air de se réveiller et, le plus normalement du monde, me demande « Voulez-vous prendre une tasse de café ? » Toujours sous "le coup de la scène à laquelle je venais d'assister, je répondis, précipitamment : « Non, je vous remercie, je suis pressée. Il faut que je parte... »

» Elle a bien vu que j'avais peur et elle n'a pas insisté. » Revenue dans sa petite chambre d'hôtel de la rue de Chanzy et remise de ses émotions, Jacqueline envisagea la situation calmement : « Après tout, se dit-elle, qu'est-ce que je risque ? J'ai bien envie d'aller voir ce qui se passe au 49 de la rue du Docteur-Thomas. »


C'était un samedi.
Le samedi était, précisément, son jour de congé. Dès le début de l'après-midi, plus intriguée qu'elle ne voulait le paraître, elle se rendit à l'adresse indiquée par Mme Melly.

Au 49 de la rue du Docteur-Thomas, il n'y avait qu'une chapelle, une petite chapelle, sur laquelle elle lut l'inscription : « Temple antoiniste ».
— Jamais je n'avais entendu parler du culte antoiniste, dit-elle. Je ne savais même pas ce que c'était. Je me suis demandé : « Pourquoi m'a-t-elle envoyée ici ? » Puis j'ai poussé la porte, je suis entrée.

Elle fut frappée par l'austérité, le dépouillement du lieu. Ni statues, ni troncs, ni images religieuses. Rien. Seulement des bancs et une tribune sous laquelle se trouvait une grande photo de vieillard, aux yeux lumineux, aux traits fins, qu'envahissait un système pileux surabondant d'une blancheur neigeuse : cheveux tombant sur les épaules, barbe de 'patriarche, moustache impressionnante.

— Je me suis demandé « Qui est-ce ? ». J'avais pourtant l'impression de me trouver devant une vieille connaissance. J'ai regardé autour de moi. J'ai aperçu cette inscription : « Celui qui fait payer sa prière n'est pas digne de Dieu. » Soudain, derrière moi, j'ai entendu des pas, un grand bruit, comme s'il y avait tout à coup cent mille personnes qui marchaient vers moi. J'ai fermé les yeux... Mon « état second » me reprenait. J'ai eu alors la vision d'un bateau. Sur ce bateau, j'ai vu le Christ qui tenait le gouvernail. A côté de lui, se trouvait un homme jeune, au visage glabre, les cheveux courts. Je me suis dit : « Et celui-là, qui est-ce ? »

La réponse aux questions qu'elle se posait ne s'est pas fait attendre longtemps.
En sortant du temple, elle rencontra une « sœur antoiniste » — Sœur Lauzin — qui arrivait juste à point pour l'éclairer.
Le portrait du vieillard qui se trouvait sous la tribune était celui du « Père Antoine », le fondateur du culte antoiniste. Quant à l'homme jeune, entrevu dans sa vision, après en avoir donné la description précise, elle apprit qu'il s'agissait également du « Père Antoine », au temps de sa jeunesse.

Elle raconta à la Sœur son aventure du matin. Mais celle-ci ne sembla pas la trouver extraordinaire. Elle lui fit pourtant cette remarque assez curieuse :
— En principe, dit-elle, les gens qui viennent au temple sont ceux qui ont des épreuves. En avez-vous ?
Interloquée, elle dut bien lui avouer que non.
Sœur Lauzin lui expliqua alors brièvement en quoi consistait le culte antoiniste. Originaire de Belgique, cette oeuvre orale, basée sur la foi et le désintéressement, a été reconnue Fondation d'utilité publique » par le Gouvernement belge, 15 août 1910.

Le but des antoinistes n'est pas de convertir mais simplement de consoler, de guérir par la foi et par la prière. Celle-ci doit jamais être rémunérée, car c'est seulement la prière gratuite qui porte ses fruits.

— Je compris que c'était en quelque sorte la continuation l’œuvre du Christ révélée à notre époque. Elle est entièrement basée sur l'amour du prochain. Dans les temples antoinistes, on accueille, avec un désintéressement total, « toute personne souffrant moralement et physiquement, sans distinction de religion, ni de fortune ».


Fascinée par une oeuvre dont la spiritualité était empreinte qualités aussi humaines, Jacqueline se plongea dans la lecture d'une petite brochure que lui avait remise Sœur Lauzin. C'est de ce jour-là que date sa prise de contact avec le temple antoiniste qui allait donner un sens à sa vie.

A Reims, j'étais une adepte, comme les autres. Je me tentais de regarder ce qui se passait au Temple. Une huitaine de « Frères » et de « Sœurs » recevaient les malheureux dans de petits cabinets guère plus grands que des confessionnaux. Avant les consultations, Sœur Lauzin — qui dirigait ce Temple — demandait aux fidèles de se recueillir dans silence pour faire une « élévation de pensée collective » après quoi, la lecture d'un texte écrit par le Père Antoine avait lieu. Dans cette ambiance de sérénité, de bonté, je me sentais bien. J'étais dans mon élément.


Puis le déménagement à Paris....
Parfois, mais très irrégulièrement au début, elle se rendait au temple antoiniste de la rue du Pré-Saint-Gervais. Pendant ce temps-là, elle laissait ses enfants, en bas âge, jouer avec les gosses des roulottes de la « zone », au grand scandale des voisins qui lui « faisaient des réflexions ».
Je leur disais : « En mon absence, je confie mes enfants » a Dieu. Il est impossible qu'il leur arrive quelque chose. A quoi sert la Foi si je dois trembler ? Si vous tremblez, par la pensée vous créez le mal qui finira par vous atteindre. »

Peu après, Dieu m'a donné une preuve nette qu'il protégeait mes enfants. Je me trouvais à Saint-Denis, sur le trottoir, avec plusieurs autres personnes et nous parlions. Je tenais ma fille — quatre ans — par la main. Soudain, elle me lâche la main et se met à courir pour traverser la rue. Une voiture arrive. Elle s'arrête pile. Elle frôle ma petite fille qui tombe, se relève et repart, comme cela, absolument inconsciente du danger auquel elle venait d'échapper. A ce moment-là, les gens ont dit, en parlant de moi : « Cette femme est extraordinaire. Elle écarte le danger par sa foi ! »

C'est alors que, disposant d'un peu plus de temps, Jacqueline décida de se rendre plus régulièrement au temple antoiniste.
— Chaque fois que j'y allais, je ressentais une paix profonde. Je savais que des désespérés avaient obtenu la guérison de leurs maux, uniquement par la Foi, la prière, et cela me bouleversait.

Au Temple, j'avais un contact direct avec les personnes éprouvées. C'est pourquoi j'avais pris la décision, après avoir fréquenté les adeptes pendant trois ans, de prendre moi-même la robe antoiniste. Je sentais que cela devenait une "vocation", que les gens avaient besoin de moi et que je pouvais, par mes prières, les diriger, les consoler, alléger leurs épreuves.

Avant de devenir effectivement « Sœur » antoiniste, Jacqueline Lebeau avait tenu à se confier à un prêtre.
Il me répondit, avec une grande franchise : « Vous êtes un siècle en avance sur notre temps. Avec l'évolution des idées, les chrétiens finiront certainement par comprendre les choses comme vous. »


Peu de temps après, Jacqueline Lebeau, en paix avec elle-même, devint donc « Sœur » antoiniste et prit le costume, une robe noire, semblable à celle d'un avocat, et un bonnet noir à ruches — au cours d'une cérémonie très simple, où le Frère Janin — le Ministre du Temple — lui donna une bénédiction particulière.
A partir de ce jour-là, la jeune femme quittait sa « Cour des miracles » deux fois par semaine — le mercredi et le vendredi matin — pour se rendre au Temple.

Dans un petit cabinet d'environ quatre mètres carrés, elle recevait des désespérés, des incurables, abandonnés par la science, des gens ruinés, des femmes de cinquante ans, délaissées par leurs maris, et de prétendus envoûtés.
— A tous et à toutes, je demande d'abord : « Etes-vous en règle avec votre conscience ? Etes-vous sûr de n'avoir pas fait, volontairement, de mal à votre prochain ? N'y a-t-il pas de haine autour de vous ? Cette haine ne vous atteindra pas, si vous ne l'avez pas méritée. Sinon, essayez d'abord de faire la paix. Le mal qui vous accable a un rapport direct avec votre état d'âme. Il faut d'abord vous mettre en harmonie avec » vous-même. Faites un retour sur vous-même pour vous retrouver. »

» Je leur dis aussi que, s'ils ont la foi, ma prière les aidera. Je ferme les yeux, j'élève ma pensée, je fais appel aux Forces universelles et, à haute voix, je prie : « O Père, bénis ton enfant. Je t'en supplie, protège-le. Aide-le à sortir de ses difficultés. »
C'est au Père Antoine qu'elle s'adresse afin qu'il intercède auprès de Dieu, car c'est lui qui, selon elle, nous relie à Dieu, comme un maillon d'une chaîne.
—Ceux qui croient repartent toujours avec quelque chose : une force nouvelle, une compréhension, un espoir, un apaisement.


Le soir, chez moi, avant de m'endormir, je repasse dans mon esprit toutes les personnes que j'ai vues dans la journée. Je les recommande à Dieu. Pour les cas désespérés, le résultat est spectaculaire. »

Un jour qu'elle s'était rendue au Temple, il se produisit, pendant son absence, ce qu'elle appelle un « petit miracle ».
— J'avais oublié, comme cela m'arrivait souvent, de faire les courses. Tout à coup, en quittant le Temple, je me suis souvenue qu'il y avait la grève des boulangers. « Je vais revenir sans pain, me suis-je dit, qu'allons-nous faire ? » Or, quelle ne fut pas ma surprise, en arrivant, de trouver, accrochée par des ficelles à ma fenêtre, à ma porte, une incroyable quantité de pains : des baguettes, des couronnes, du pain de campagne et même des brioches, dans un filet. Des voisins, des chiffonniers, sachant que j'étais absente, avaient eu la délicate attention de faire des provisions pour moi. Si bien qu'au lieu de manquer de pain j'ai pu, à mon tour, en distribuer aux gosses et aux clochards du voisinage.


Mais ses fréquentes visites au Temple agaçaient son mari. Ne vivant pas sur le même « plan » que sa femme, il ne comprenait pas, il n'admettait pas qu'elle se passionne pour une cause qui le laissait indifférent.

— J'avais le don, dit-elle, de le mettre dans des colères noires. Il me reprochait toujours de ne pas avoir les pieds sur la terre, de négliger la maison et tout le côté matériel de notre vie pour m'occuper surtout de ma « spiritualité » et de mes enfants. Chaque fois que je revenais du Temple, il me reprochait le temps que j'y avais passé : « Tu ferais mieux d'aller faire ton marché ! », me disait-il. Et encore : « Tu n'as qu'à y porter ton lit dans « ton » temple et y coucher ! » Mon attitude résignée, ma patience qui m'incitait à ne pas lui répondre le mettaient hors de lui. Certains jours, excédé, il lui est même arrivé de me gifler.

Elle se souvient particulièrement du jour où il vint faire un scandale au Temple.
— Un soir, un 24 décembre, il s'était fâché tout rouge lorsqu'il sut que j'avais l'intention de m'y rendre le lendemain. Il estimait que je ferais mieux de passer Noël en famille. Je résolus d'y aller quand même, puisque, le jour de Noël, les malheureux venaient encore plus nombreux que les autres jours !
» Le lendemain, j'y suis donc allée, dans l'après-midi. Tout à coup, pendant que je priais pour un incurable, j'entends le bruit d'une moto : « Voilà mon mari », me suis-je dit. Il est entré comme une trombe dans le Temple. Il m'a reconnue, de dos. Il s'est approché et, avant que je ne fusse revenue de ma surprise, il m'a déchiré mon bonnet de Sœur antoiniste en me l'arrachant violemment et m'a dit : « Tu vas revenir immédiatement à la maison. » Toujours docile, sans lui opposer la moindre résistance, j'ai été me déshabiller, j'ai remis mes vêtements civils et je suis repartie avec lui, sur sa moto.

En ce jour de Noël, le trafic était très fluide. Mon mari traversa Paris comme un fou, brûlant les feux rouges... J'étais affolée. Accrochée derrière lui, je priais : « Mon Dieu, aidez moi... Que va-t-il arriver lorsque nous serons à la maison ? » De retour à l'île Saint-Denis, en descendant de la moto, sa colère était tombée.
Ils entrèrent dans la minuscule cuisine et Jacqueline, silencieuse, se mit à préparer le repas du soir.
— Alors, dit-elle, le miracle eut lieu. Complètement calmé, il m'a dit : « Je me suis conduit comme un fou. Tu ne mérites pas ça. Maintenant, si tu veux, tu peux y retourner, au Temple. Ce que j'ai fait, dès le lendemain.

Les "Sœurs" et les "Frères" qui avaient été, la veille, témoins de ce « scandale » l'accueillirent chaleureusement.
— Nous savions que tout se passerait bien. Nous avions prié pour vous...

(Source : Simone de Tervagne)

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offelie

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MessageSujet: Les sensations de ma visite chez les antoinistes   Mar 20 Sep - 7:56

Chers toutes et tous,

Je retrouve-là toutes les sensations de ma visite chez les antoinistes. Merci Silence pour ce témoignage.
http://www.cercle-de-samsara.com/t1505-temoignage-ma-premiere-visite-chez-les-antoinistes
Bonne journée.
Offélie
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Invité
Invité



MessageSujet: l'antoinisme   Sam 24 Sep - 9:14

Très touchant commentaire et histoires expliquées.
Mais, que l'on soit Antoiniste ou pas, l'essentiel est de se diriger vers la voie essentielle et universelle, en restant toujours authentique et sincère.
Mais, je sais aussi que j'ai découvert les Antoinistes par un ami et qu'actuellement mon mental va un peu tout les jours se bercer dans cette atmosphère de silence, de paix et d'amour.

Bien à vous toutes et tous.
Sourire flower
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