Cercle de Samsara
Il n'y a qu'un Dieu, mais Ses noms sont innombrables, et innombrables aussi les aspects sous lesquels Il peut être considéré.
Nommez - Le de n'importe quel nom et adorez - Le sous l'aspect qui vous plaira le mieux, vous êtes certain d'arriver à Lui.



 
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 L'Essence de la Bahagavad-Gita

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MessageSujet: L'Essence de la Bahagavad-Gita   Dim 4 Juil - 7:39



«Absorbe constamment tes pensées en Moi et garde-Moi toujours dans ton coeur.
Deviens Mon dévot, voue-Moi ton adoration, offre-Moi ton hommage et, certes, tu viendras à Moi.
Cela, Je te le promets, car tu M'es très cher.»
Bhagavad-gitta 18.65


man-mana bhava
Absorbe constamment tes pensées en Moi
La littérature sacrée de l'Inde décrit de nombreux lieux saints, mais VredAvana (prononcer Vri-), dans l'état d'Uttar Pradesh, au sud-est de New Delhi, les surpasse tous, car c'est dans ce village, et la région de Vrajamandala qui l'entoure, que Dieu, la Personne Suprême, Sri Krishna, est apparu et a vécu il y a un peu plus de cinq mille ans avec Ses compagnons éternels descendus avec Lui du monde spirituel.

Pour comprendre ce sujet très élevé, nous avons besoin d'un fondement philosophique solide, fourni en l'occurrence par le texte sacré appelé la Bhagavad-gità. Au dix-huitième chapitre de '‘tet ouvrage, Krishna enseigne: «Absorbe en Moi tes pensées et garde-Moi 'toujours dans ton coeur. Deviens Mon dévot, voue-Moi ton adoration, offre moi hommage, et certes tu viendras à Moi.» (18.65)

Ce verset est le plus important de l'ouvrage, même si d'ordinaire on Considère le suivant comme majeur: «Abandonne tous tes devoirs, qu'ils :liaient accomplis physiquement ou mentalement. Délaisse les devoirs !rescrits selon l'ordre social, et prends-Moi pour unique refuge. Je t'affranchirai des suites de tes fautes. N'aie nulle crainte.» (18.66)

Dans ce verset, qui est la conclusion de la Bhagavad-gità, Krishna nous enjoint de délaisser nos différents devoirs. Nous pouvons craindre cependant que, ce faisant, nous encourions des réactions pécheresses. C'est Pourquoi Krishna nous rassure dans la deuxième partie du verset: «N'aie nulle crainte. Je te pardonnerai toutes tes fautes. J'en prends toute la responsabilité.» Plonger sa famille ou son conjoint dans la lamentation en les quittant, ne pas s'acquitter de ses devoirs envers la société ou ne pas se conformer aux principes du devoir social, sont considérés comme des actes Pécheurs et entraînent des réactions dites karmiques. Aussi Krishna affirmet-Il: «Si tu prends refuge en Moi, Je t'affranchirai de toute réaction pécheresse. J'en fais le serment.» Ce verset nous instruit sur la voie de

l'abandon à Dieu, mais le verset précédent lui est bien supérieur, car il décrit le résultat même de cet abandon.

Si l'on étudie en détail la Bhagavad-gità à la lumière des commentaires rédigés par les maîtres de sagesse, on se rend compte qu'elle contient cinq différents niveaux d'enseignements: des prescriptions générales destinées à tous, des instructions confidentielles, suivies d'enseignements encore plus confidentiels, puis secrets, culminant enfin dans le secret d'entre les secrets. Toute cette connaissance est présentée de façon condensée: «La littérature védique (Vedas, Puranas, Upanisads) est comparable à une vache, dont Krishna serait le pâtre et Arjuna le veau, à qui Krishna donne le lait de la Bhagavad-gità.»
Avant de traire une vache, on laisse téter un peu le veau, ce qui apaise la mère et la prépare à la traite. A qui tri Krishna destinait-Il le lait de la Bhagavad-gità? À ceux dont l'intelligence est pure. Mais qui sont-ils? Les grands érudits et savants de ce monde? Ce n'est pas ce qu'enseigne le grimad-Beigavatam qui emploie le terme sumedhah. Qui est digne de ce nom? Celui qui s'absorbe dans le service de Krishna. En effet, seul celui qui est parvenu à la conclusion que le pur service de dévotion offert à Dieu est l'essence même de l'existence possède une intelligence pure. D'un point de vue spirituel, tous les autres sont considérés dépourvus d'intelligence. Le Bhâgavatam les qualifie même d'ânes. L'âne passe souvent pour stupide. Il est employé aux tâches les plus ingrates et porte des charges considérables. Il adore décocher des ruades et reculer quand on veut qu'il avance. Ceux qui ne servent pas le Seigneur Suprême, Bhagavàn Sri Krishna lui sont comparés, car ces insensés n'emploient pas à bon escient l'opportunité unique que représente cette vie humaine. Seuls ceux qui servent Bhagavàn tri Krishna peuvent être considérés vraiment intelligents.

Nous avons vu que Krishna trait la vache de la Bhagavad-grta après qu'elle ait nourri son veau, et réserve son lait pour ceux dont l'intelligence est pure et qui lui sont chers. Ce lait, ce sont les enseignements de la Gità. Mais que trouve-t-on à la surface du lait? Son essence, la crème, dont on peut extraire le beurre. En faisant chauffer ce beurre, on obtient du ghi (beurre clarifié) dont on ne peut plus rien extraire, car il est l'essence même du lait.

Le sage Vyàsadeva, qui compila toute la littérature védique transmise précédemment de façon orale, en confia à son fils ukadeva la crème et lui demanda de la baratter. Il obtint alors le beurre des neuf premiers chants du Bhiigavatam. Parmi ceux à qui il distribuait ce beurre, certains lui réclamèrent du ghi. Il leur donna alors les trois derniers chants du Bhagavatam, qui sont donc bien supérieurs au reste de l'ouvrage. Ce qu'il révéla dans le Bhiigavatam ne se trouve apparemment ni dans les Vedas, ni dans les Upanisads. Mais en fait, de même que le ghi existe à l'état latent dans le lait, les enseignements de ukadeva Gosvàmi sont l'essence des Vedas, Upanisads, Puranas, Cita et Ramayana. Mais prendre ce lait des écritures, en faire du beurre, puis en extraire du ghi n'est pas à la portée de tous. Les cinq chapitres qui décrivent la rasa-lila, le divertissement le plus confidentiel de Dieu descendu sur terre, constituent le ghi sublime du Értmad-Bhagavatam. ukadeva ne confia ce ghi qu'à ceux qui étaient dignes de le recevoir.

Pour le commun des mortels, Bhagavàn Sri Krishna a donné comme instruction: «En gardant la mesure dans le manger et le dormir, dans le travail comme dans la détente, on peut, par la pratique du yoga, voir s'adoucir les souffrances inhérentes à l'existence matérielle.» (6.17)
Parmi ces enseignements destinés à tous, Krishna explique que nous ne sommes pas le corps physique et conseille, par conséquent, de ne pas s'attacher aux plaisirs qu'il procure, ni de céder à toutes ses exigences. Nous sommes semblables à Arjuna qui, par attachement pour les membres de sa famille et ses amis, se lamentait sur le champ de bataille de Kuruksetra. Le corps de matière doit mourir un jour, que ce soit aujourd'hui, demain ou après-demain. Il ne convient pas de se lamenter sur son sort, car ce corps périssable n'est que l'enveloppe de l'âme, qui, elle, est de nature immortelle:

«La mort est certaine pour qui naît et certaine la renaissance pour qui meurt.» (2.27)
«Le sage ne pleure ni les vivants ni les morts.» (2.11)
«Aucune arme ne peut fendre l'âme, ni le feu la brûler, l'eau la mouiller ou le vent la dessécher.» (2.23)

L'âme est éternelle. Seul le corps qu'elle revêt est sujet à la destruction. Il ne faut donc pas lui accorder plus d'importance qu'il n'en a. Quelle attitude doit-on adopter à son égard? Nous devons en prendre soin car Dieu nous l' a confié à seule fin de Le servir. Il est le temple de l' âme

que nous sommes. Il faut le garder propre et en bon état de fonctionnement au risque de ne pouvoir nous absorber dans le service de Krishna. Il est recommandé de s'occuper de son corps dans cet état d'esprit, avec détachement. Au moment de la mort, Dieu nous demandera des comptes: «Je t' ai accordé cette forme humaine, si rare et précieuse. Quel usage en as-tu fait?» Aussi a-t-Il enseigné:
«Ce qui est la nuit pour le commun des hommes est le jour pour le sage. Et ce qui est, pour eux, le jour est la nuit pour lui.» (2.69)

Les activités du sage, illuminées par la réalisation spirituelle, sont obscures pour les matérialistes. Lui, cependant, demeure toujours conscient que leur poursuite des plaisirs sensoriels n'est qu'un produit des ténèbres de l'ignorance. On doit s'engager dans le service offert à Krishna et faire son devoir en voyant d'un oeil égal le bonheur et le malheur. Ces prescriptions valent pour tous. Krishna donne également des instructions confidentielles: «Remplis ton devoir sans aspirer aux fruits de tes actes.» (2.47)

Il révèle une connaissance générale de l'âme: celle-ci est une substance de nature éternelle. Arjuna Lui demande alors:
«À quoi reconnaît-on celui dont la conscience baigne dans l'Absolu? Par quels mots s'exprime-t-il et de quelle manière agit-il?» (2.54)
«Celui qui a atteint le niveau transcendantal et réalisé l'Absolu (brahma) n'est plus sujet à l'illusion.» (2.72)
Celui qui a atteint le niveau trancendantal réalise l'Absolu en toute chose et sait qu'il participe de cette même nature spirituelle. Il se montre égal envers tous et ne connaît plus ni le désir ni la lamentation.

Krishna nous révèle un savoir encore plus confidentiel: il existe deux sortes d'êtres, le faillible et l'infaillible. Le Seigneur réside dans le coeur de chacun sous une forme de la taille du pouce appelée Paramàtmà, l'Âme Suprême. Il convient de méditer sur Lui et de persévérer sans relâche dans nos efforts pour L'atteindre: «Pour ceux dont le mental s'attache à l'aspect impersonnel de l'Absolu (brahma), le progrès est très pénible Il te sera très difficile d'y absorber ta conscience, car il est dépourvu de forme.» (12.5)

Il est de loin préférable de méditer sur le Paramàtmà qui réside dans le coeur. Le vrai sannyiist et véritable yogi est celui qui recouvre sa relation avec Lui.
«On ne devient pas un sanny-si simplement en renonçant à l' action
et en n' accomplissant plus de sacrifices.» (6.1)

Le neuvième chapitre renferme des enseignements secrets: il traite 4e la pure bhakti, le service d' amour et de dévotion. Et à la fin du dix-huitième chapitre (18.65), le secret d' entre les secrets, le zénith de la bhakti, est révélé:
«Je te révèle la connaissance la plus secrète, car tu M' es très cher.» t Krishna.

Quel est ce secret? Krishna, qui avait décrit jusqu'à présent l' adoration Sa personne sous Son aspect de Vishnou, exécutée en pleine connaissance Sa majesté et de Ses attributs, dévoile dans ce verset quatre activités xceptionnelles: «Man-man-à bhava — pense constamment à Moi; madakto — deviens Mon dévot; mad-yàji — voue-Moi ton adoration; mCirn maskuru — offre-Moi ton hommage.»

Krishna précise: «Si tu ne peux accomplir la première de ces activités, er sur Moi ton mental sans faillir, adopte alors la seconde, observe les atiques du bhakti-yoga. Si tu ne peux t' y soumettre, observe la troisième, onsacre-Moi tes actes, et si tu ne peux même agir ainsi, offre-Moi amplement ton hommage et tout découlera de cette seule activité.»
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MessageSujet: Re: L'Essence de la Bahagavad-Gita   Dim 4 Juil - 7:51


L'instruction donnée dans la première partie du verset («Absorbe en Moi tes pensées et garde-Moi toujours dans ton coeur») n'est pas aussi simple qu'elle ne le paraît. Pour qu'un homme puisse absorber son mental dans une activité quelconque, il faut que tous ses sens se concentrent sur elle. Si l'on ne peut fixer son mental, c'est qu'on ne le maîtrise pas vraiment. En effet, à l'état conditionné, nous pensons parfois au plaisir des sens et parfois à Krishna. Méditer sur les pieds pareils au lotus du Seigneur constitue la plus haute forme d' adoration. Quand donc y parviendrons-nous? Pour un néophyte, c' est chose impossible. Même au stade appelé techniquement ruci, le goût spirituel, cela n'est toujours pas possible. Une fois ce niveau dépassé, nous pouvons véritablement commencer à donner notre coeur à Krishna. Au niveau d' asakti, l'attachement spirituel, nous pouvons Lui donner à peu près la moitié de notre coeur, et au stade de bhàva, l'extase dévotionnelle, les trois quarts; mais ce n'est que lorsque nous aurons atteint prema, l'amour divin, que nous pourrons le Lui offrir entièrement.
Quand Krishna envoya son ami Uddhava porter un message aux gopis, ou pastourelles, de Vrndâvana, Il S'adressa à lui de façon indirecte:
«Uddhava, Mon père et Ma mère se font beaucoup de souci pour Moi. Va leur délivrer ce message et les consoler.»

Uddhava s'enquit alors: «Y a-t-il autre chose?»
«Oui, il y a autre chose, dit-Il. A Vrndàvana vivent les gopis. Elles Me sont plus chères que tout et Je représente également tout pour elles. Elles M'ont donné leur coeur tout entier. Elles négligent pour Moi tous leurs besoins corporels et en oublient même de boire, se nourrir, se laver, se parer et se coiffer. Elles sont certainement affaiblies et émaciées. Pour Moi, elles ont oublié jusqu'aux membres de leurs familles: époux, enfants, frères et soeurs, ainsi que leurs amis et leurs biens. Leur amour M'est exclusivement réservé et elles pensent intensément à Moi la nuit comme le jour. Uddhava, tu ne verras jamais personne donner son coeur comme elles Me l'ont donné. La vie s'apprête à quitter leurs corps. Je ne sais comment elles survivent, ni pour combien de temps, ni s'il est encore possible de les sauver. Va et fais vite. Redonne-leur la vie. Dis-leur que J'arrive très bientôt. Elles ne vivent que pour cela. Si tu leur délivres ce message, elles penseront: `Krishna a promis de revenir. Il ne saurait mentir.' Leur vie ne tient qu'à un fil: l'espoir que Je revienne. Si ce fil vient à se briser, c'en est fini d'elles. Pars sur le champ.»
Les gopis sont l'exemple parfait de man-manà bhava: «Absorbe constamment tes pensées en Moi.» Il nous est très difficile de donner notre coeur, et nous en sommes même incapables, mais si on nous le prend, la chose devient plus facile.
«On ne peut atteindre Krishna simplement par l'intelligence, l'étude des nombreux textes sacrés ou l'écoute de ce qui a trait à Sa personne. Il choisit le coeur qui Lui plaît.» (Katha Upanisad 1.2.23)

A celui-là, Krishna dit: «Viens, Je veux ton coeur.» Même si nous voulons vraiment le Lui donner, cela nous est très difficile, mais si Lui
désire nous le prendre, alors la chose devient possible. Nous devons donc entièrement purifier notre coeur afin qu'Il souhaite S'en emparer en le voyant. S'il subsiste des impuretés, Il n'en voudra pas. La pureté ne suffit d'ailleurs pas, car de nombreux philosophes ont aussi le coeur pur. Il nous faut ajouter un arôme particulier pour attirer Krishna: celui du pur amour, dont le flot doit baigner notre coeur.
L'histoire suivante illustre la manière dont Krishna S'empare d'un coeur:
Un jour, à Vrndàvana, Krishna emmenait paître Ses vaches. Qu'il était beau avec Son teint sombre et ses boucles de cheveux noirs de jais entourant Son visage! On aurait dit un nuage gorgé de la première pluie de la mousson. Ses amis Le glorifiaient. D'autres jouaient de la flûte ou soufflaient dans leurs cornes de buffle. Même les aveugles s'approchaient pour tenter de Le voir. Les pâtres leur prenaient alors la main pour les guider. A ceux qui leur demandaient où ils se rendaient, ils répondaient qu ils voulaient voir Krishna. Tous les habitants de Vraja se pressaient sur le bord du chemin pour voir Krishna passer avec Ses vaches. Son père et Sa mère, Nanda et Yagodà, Le suivaient en Lui recommandant: «Ne va pas trop loin. Reviens-nous vite!» Krishna leur dit plusieurs fois de s'en retourner. Ce n'est qu'après Lui avoir arraché la promesse qu'Il ne S'attarderait pas qu'ils rentrèrent chez eux, à pas lents, comme à regret.

Des jeunes filles des villages voisins s'étaient mariées avec des habitants de Vraja où elles avaient emménagé depuis peu. Elles se tenaient sur le pas de leurs portes pour apercevoir Krishna. Certaines regardaient timidement à travers les persiennes, tandis que d'autres étaient montées sur les terrasses ou même dans les arbres. Krishna, Lui aussi, les cherchait du regard, car Il veut toujours faire la connaissance des nouvelles venues.

Une jeune fille, mariée depuis à peine deux ou trois jours, avait entendu parler de Sa beauté sublime. Alors que Krishna approchait avec Son troupeau, le coeur de la jeune fille se mit à battre très fort, et un vif désir de Le voir s'empara d'elle. Mais sa belle-mère et sa belle-soeur, qui était particulièrement mesquine à son égard, étaient assises devant la porte et lui barraient le passage. Elles lui dirent :
— Tu ne peux y aller. Nous seules en avons le droit. Il y a un serpent noir dehors. S'il te mord, rien ne pourra empêcher son venin d'agir. Reste ici. Nous revenons de suite.
— Pourquoi resterais-je à la maison si vous pouvez y aller? Je viens avec vous.
— Non! C'est trop dangereux. Reste ici. Tu n'es pas assez mûre. Le venin du serpent te sera fatal s'il te mord.
— Alors j'irai seule! Tous les habitants de Vrnevana, femmes, vieillards, garçons, filles, même les biches, oiseaux et insectes, tout le monde Le verra sauf moi!?
J'y vais de ce pas!
— Non, tu n'iras pas.
— J'irai, même si pour cela vous devez me chasser de la maison.

Comme Krishna arrivait, la belle-mère et la belle-sœur coupèrent court à l'altercation et se précipitèrent au dehors en verrouillant la porte derrière elles. La jeune fille se colla alors contre l'huis et, à travers les planches disjointes, observa ce qui se passait. Elle pouvait ainsi voir sans être vue. Krishna jouait à la flûte un air si mélodieux que le nectar que contient Son coeur semblait couler par les trous du bambou et inonder tout le pays de Vraja. Seuls les yeux qui ont pu contempler cette scène merveilleuse sont vraiment dignes de ce nom! Krishna S'avançait lentement et les gopis Lui offraient la piijà, le culte, avec leurs yeux en guise de lampes et le ghi de leur pur amour. Elles Lui jetaient des regards enflammés.
Si Krishna reçut avec grand plaisir leur adoration et leur sourit timidement, Il S'intéressait en fait à la porte derrière laquelle se tenait la jeune mariée.

Krishna peut considérer ou au contraire ignorer une personne, mais Il remarquera à coup sûr celui qui aspire ardemment à contempler Sa beauté sans pareille. Ce jour-là, c'était cette jeune fille qu'Il désirait voir. Il souhaitait intérieurement délaisser tous Ses autres admirateurs et Se rendre tout droit chez elle. Aussi eut-Il recours à une ruse: Il tordit la queue d'un veau. Ce dernier fit alors un bond en avant et L'entraîna vers cette maison comme s'il avait été dressé dans ce but. Ils atteignirent le seuil en quelques enjambées. La flûte aux lèvres et le visage souriant, Krishna imprima à Son corps trois courbes et Se montra ainsi à la jeune fille. C'en était fini d'elle! Son coeur ne lui appartenait plus. Krishna S'en était emparé et l'avait emporté avec Lui. Elle resta pétrifiée, incapable de faire le moindre mouvement. Voilà comment Krishna dérobe un coeur.

Krishna S'approprie le coeur de celui qui reçoit Sa miséricorde. Si nous nourrissons un intense désir et que, jour et nuit, nous souhaitons contempler Sa forme sublime, Il viendra sûrement S'emparer du nôtre.

Cette jeune fille s'était livrée à des austérités pendant plus d'une vie pour pouvoir bénéficier d'une telle opportunité. Ce jour-là voyait le couronnement de tous ses efforts. Pendant les quinze ou vingt minutes qui suivirent, elle demeura figée. Krishna avait disparu dans la forêt avec Ses vaches et Ses compagnons, et la poussière qu'ils avaient soulevée était retombée depuis longtemps, mais la jeune fille était restée immobile. Eût-elle pu faire autrement sans son coeur et son mental!? Sa belle-soeur la secoua et lui dit cruellement: «Tu vois ce qu'on t'avait dit! Tu t'es fait mordre par ce beau serpent noir et maintenant tu ne pourras jamais guérir de cette morsure. Allez! Prends cette baratte et mets-toi au travail. Cela te ramènera à la raison!» Mais la jeune fille se trompa de pot et, au lieu de baratter du yaourt, se mit à écraser des graines de moutarde, produisant un bruit terrible. Parfois elle s'activait et d' autres fois s' arrêtait. Où étaient son coeur et son mental? Krishna s'en était emparé.

Sa belle-soeur accourut et la réprimanda: «Que fais-tu? Je vais le dire à ma mère!» Celle-ci arriva sur ces entrefaites et lui ordonna d'aller tirer de l'eau au puits. Elle lui mit sur la tête un grand pot de cuivre, puis un plus retit par-dessus, et lui confia un bébé en lui recommandant de veiller à ce qu'il ne pleure pas. Sa belle-soeur lui donna une longue corde pour puiser de l'eau et la poussa dehors. Arrivée au puits, la jeune mariée fit un noeud pour attacher la corde aux pots, mais au lieu de la nouer autour du premier pot, elle l'attacha à la taille de l'enfant! Elle s'apprêtait à le jeter dans le puits lorsque les gopis, ses voisines, se mirent à crier et lui arrachèrent la corde des mains. L'une d'entre elles s'exclama: «On dirait qu'elle est possédée par un fantôme!» Une autre, qui était au fait de toute l'histoire, précisa: «Ce n'est pas un fantôme ordinaire. C'est Krishna!»

Vrnd-aivana est le lieu où ceux qui ne peuvent donner leur coeur aux membres de leur famille et les laissent derrière eux en larmes viennent, tels des réfugiés, pleurer exclusivement pour Krishna. Même des princes et des princesses viennent chercher refuge à Vrnavana et s'engagent dans la pratique du pur service de dévotion en offrant leur coeur à Krishna.

«Absorbe ton mental en Moi comme l'ont fait les gopis» dit Krishna à Arjuna. Ce dernier répondit: «Prabhu, nous sommes sur un champ de bataille.
Comment puis-je Te donner mon coeur ici? J'en suis incapable.»

(avec l'aimable autorisation de Svami BV Narayana)
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